Tù - Des baleines et des hommes pour la protection des océans

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Vendredi 3 mars au 27 août

Exposition de Arnaud ELISSALDE (NC), Christelle MONTANE (NC), Ito WAÏA (NC), Kappa et Seiuli TIAOU (NC), Nicolas MOLE (NC), Sacha TERRAT (NC), Marie-Ange KAPETHA (NC), George NUKU (NZ), Ruha FIFITA (Tonga), John PUHIATAU PULE (Niue/NZ).

Tù ! Tùùùùù ! Tel le son de la toutoute dans le vent qui appelle la tribu à se réunir. Tù ! Tùùùùù ! Tel le bruit de la baleine expulsant puissamment son souffle par l'évent et appelant l'homme kanak à commencer le travail de la terre avant de planter l'igname. Tù, un lien fondamental entre l'homme et l'océan. Ici, ce sont « les voix » de ces artistes qui feront écho aux chants des baleines. Inspirés par celles-ci, et plus globalement par ce cadre de vie précieux que constituent les océans pour l'animal comme pour l'homme du Pacifique, les artistes se sont engagés à faire entendre leurs messages, chacun à travers son art. Installations, peintures, sculptures, danses, musiques et sons, matériaux de la mondialisation et matériaux de la tradition, sont convoqués pour toucher en son coeur, via la création artistique, notre société. Ce projet de résidence artistique internationale et d'exposition a été initié par l'organisation non-gouvernementale The Pew Charitable Trusts dans le cadre du projet de « réserve marine XXL » pour le Parc Naturel de la Mer de Corail en Nouvelle-Calédonie, et dans celui de « l'Année de la Baleine dans le Pacifique » promus par le Programme Régional Océanien de l'Environnement (PROE), en partenariat avec l'ADCK-CCT. Il est soutenu par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, le Fonds Pacifique, Creative New-Zealand, le Gouvernement de la Nouvelle-Zélande et Calédonie Charter.

* Légende : « Tù » signifie « conque » (la toutoute) et « baleine » dans une des langues parlées dans le Sud, Île Ouen.

Crédit photo : Arnaud Elissalde

  • Salle Komwi, dans l'allée centrale, dans le jardin du village 1 et en case Kanaké
  • Centre culturel Tjibaou
  • Tél. : 41 45 45

Genèse et mise en oeuvre

Le succès de l'exposition Kermadec au centre culturel Tjibaou a incité l'équipe de The Pew Charitable Trusts Nouvelle-Calédonie à imaginer un nouveau projet de résidence et de création artistique impliquant des artistes du Pacifique Sud et des artistes calédoniens, afin de sensibiliser le public aux problématiques de gestion du Parc Naturel de la mer de Corail qui entoure la Nouvelle-Calédonie. L'ADCK-CCT, toujours sensible aux questions environnementales, a accepté d'être de nouveau partenaire de ce projet et d'accueillir tant les résidences que l'exposition au centre culturel Tjibaou.
Ainsi, l'exposition Tù est le fruit de ce projet de résidence artistique internationale qui s'inscrit dans le cadre du projet d'une "réserve marine XXL" en Nouvelle-Calédonie et de l'année de la baleine, promue par le Programme Régional Océanien de l'Environnement (PROE).

Les 11 artistes océaniens de Tonga, de Niue, de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Calédonie, inspirés par leur périple à l'île Ouen en août 2016, ont effectué des résidences au centre culturel Tjibaou, en août puis en novembre 2016, pour créer autour du thème de la protection des océans.

Il s'agit là de faire entendre les "voix" de ces artistes, en écho aux chants des mammifères emblématiques qui peuplent nos océans, les baleines. Inspirés par celles-ci, et plus globalement par ce cadre de vie précieux que constituent les océans pour l'animal comme pour l'homme du Pacifique, les artistes se sont engagés à faire entendre leurs messages, chacun à travers son art.

Installations, peintures, sculptures, danses, musiques et sons, matériaux de la mondialisation et matérieux de la tradition, sont convoqués pour toucher en son coeur via la création artistique, notre société.

Ce projet est soutenu par le Fonds Pacifique, Creative New Zealand, les Gouvernements de la Nouvelle-Calédonie et de la Nouvelle-Zélande et Calédonie Charter.

Zoom sur les artistes

• Ruha FIFITA (Tonga)
Son travail artistique se situe à la croisée des arts visuels et de la performance.
Ses oeuvres sur "ngatu" (tapa) reflètent l'environnement naturel et physique dans lequel elle a évolué culturellement, et lui permettent d'explorer comment une meileure conscience de cet environnement peut influencer le progrès spirituel et matériel de l'humanité.
Inspirée par le processus traditionnel de fabrication du ngatu, dont le concept favorise l'expression et l'apprentissage via la narration, Ruha Fifita met en valeur au travers de son travail le rapport entretenu par les Océaniens avec l'océan et les baleines.

• Marie-Ange KAPETHA (Île Ouen, Nouvelle-Calédonie)
Personne sur l'île Ouen ne s'identifie comme "artiste" à part entière. Pourtant, Marie-Ange Kapetha est une tresseuse émérite. Elle s'est engagée passionnément à faire vivre ou revivre les savoirs et savoir-faire de sa tribu à travers le tressage mais aussi le chant, le conte et la danse. Marie-Ange Kapetha incarne la détermination des femmes kanak à faire vivre et à transmettre leur culture.
Inspirée depuis longtemps par l'univers animal et notamment marin qui peuple les eaux de l'île Ouen, elle a saisi l'opportunité de l'exposition pour réaliser une sorte de "chef d'oeuvre", le tressage des tressages, à la mesure de l'hommage qu'elle souhaitait rendre à la baleine. C'est donc un baleineau d'environ 4 mètres, en feuilles de cocotiers de l'île Ouen, qui vient baigner les eaux imaginaires de la salle d'exposition du centre culturel Tjibaou.

• Nicolas MOLE (Nouvelle-Calédonie)
Il s'impose aujourd'hui comme un artiste clé dans l'expression de la culture kanak contemporaine. Métis kanak né en France métropolitaine, Nicolas Molé s'est établi en Nouvelle-Calédonie en 2011. Son travail polymorphe combine dessin, animation ou vidéo mais aussi d'autres médiums propres à ses expérimentations. Il construit notamment des installations multimédias animées inspirées de l'environnement naturel et culturel de la Nouvelle-Calédonie. Ses oeuvres sont souvent de l'ordre de la performance et nécessitent un engagement des spectateurs dans une relation interactive pour les transformer ; ou de l'ordre de l'intervention, lorsqu'il investit des bâtiments, sites ou lieux, supports mêmes de ses oeuvres.

• Arnaud ELISSALDE (Nouvelle-Calédonie)
Il est un photographe autodidacte basé en Nouvelle-Calédonie depuis 2012. La photographie était initialement un moyen pour Arnaud Elissalde d'écrire le récit de ses aventures de voyage. Puis, au fil du temps, elle est devenue une véritable passion et finalement un métier. La nature est sa première source d'inspiration. Il aime la contempler et lui rendre hommage. Il continue de parcourir les espaces sauvages du Pacifique Sud, comme les volcans du Vanuatu, afin de tenter de saisir la beauté de ses paysages.

• Christelle MONTANE (Nouvelle-Calédonie)
Elle a choisi comme thème la migration des baleines à bosse. Supports de ses tableaux, les cartes marines qu'elle utilise sont celles de la Nouvelle-Calédonie dans sa zone maritime, celle de la partie Sud de la Nouvelle-Calédonie et celle de l'île Ouen à la sortie de la Baie de Prony. Ce zoom sur des zones géographiques suit le chemin parcouru par les baleines, chaque année et depuis des millénaires probablement, depuis l'Antarctique jusqu'à leurs zones de reproduction.
Via la collecte de contes et légendes qui inspirent son travail, Christelle Montané a voulu rendre hommage à ses amies les baleines mais aussi aux 9 pays et cultures du Pacifique qui font honneur à ces animaux mythiques.

• George NUKU (Nouvelle-Zélande)
George Nuku maîtrise parfaitement l'art de la sculpture de ses ancêtres maoris, que ce soit sur du bois, de la pierre ou des os. Aujourd'hui cependant, c'est avec des matériaux plus "communs" à notre époque qu'il réalise ses oeuvres en plastique ou plexiglas. L'idée clé pour lui consiste à transformer la bouteille plastique en oeuvres d'art voire en trésors culturels, pour alerter sur le risque que, dans un futur proche, il ne reste à la surface de notre monde que les déchets synthétiques de notre consommation inconsciente à plein temps.

• John PULE (Nouvelle-Zélande)
Officier de l'ordre du Mérite de la Nouvelle-Zélande. La Queensland Art Gallery le décrit comme "l'un des artistes les plus importants du Pacifique". Auteur de romans et de recueils de poésie, John Pule s'intéresse aux arts visuels à l'âge de 25 ans. Il mène aujourd'hui une double carrière d'artiste visuel et d'écrivain, intégrant de plus en plus sa poésie et l'écriture manuscrite dans son travail plastique.
Son projet artistique consiste à peindre une oeuvre qui parle de notre relation avec les baleines et autres créatures en s'inspirant de récits de la mythologie et de l'imaginaire de l'océan et des îles du Pacifique.
Le travail de John Pule s'inspire de la composition des peintures fragmentées et des couleurs de hiapo (étoffe d'écorce battue), et se réfère à la généalogie et aux traditions orales de Niue. Développant son propre champ lexical des signes géométriques et figuratifs, il associe les motifs niuéens aux symboles polynésiens et occidentaux, faisant écho à la colonisation du Pacifique.

• Sacha TERRAT (Nouvelle-Calédonie)
Il fait figure en Nouvelle-Calédonie du pendant masculin et local de la chanteuse islandaise Björk. Il est compositeur, programmeur et chanteur de musique électronique. L'oeuvre de Sacha Terrat est une seule grande fresque musicale qui, à l'image du voyage des baleines, nous invite dans une boucle où "l'on finit là où l'on commence". Cette manière sonore est issue d'enregistrements in situ lors des résidences et séances de travail du projet TU. On y discerne les discussions, les contes, les sons des outils des artistes travaillant à leurs oeuvres, les chants traditionnels et modernes côtoyant le chant des baleines. Ce tapis musical accompagne le public dans un voyage en musique et lui raconte l'histoire des distances parcourues en dessous et au-dessus de la mer à la rencontre de l'autre.

• Kapoa & Seiuli TIAOU (Nouvelle-Calédonie)
Kapoa Tiaou et son épouse Béatrice dite Seiuli, aussi compagne de ciseau à bois, ont fondé une "tribu artistique" de onze enfants qui tous sculptent, à l'exception de l'un d'entre eux qui est menuisier. Kapoa a commencé la sculpture en 1988 dans un centre de formation à Bourail. Depuis, il n'a jamais cessé de sculpter pour réaliser toutes sortes d'oeuvres, des plus petites au plus monumentales. De l'océan qui borde son île natale, et des espèces animales qui le peuplent, il puise une grande partie de son inspiration.
Aujourd'hui ses oeuvres s'inscrivent dans un registre plus abstrait. Son expérience l'a conduit progressivement à concevoir l'art d'une autre manière, s'émancipant de ses liens culturels initiaux, il investit son art avec plus de liberté, tout en gardant ce lien fort à son environnement naturel.

• Ito WAÏA (Nouvelle-Calédonie)
Autodidacte et plus connu comme sculpteur sur bois, Ita Waïa a su faire évoluer son art en abordant des registres et des techniques variés (sculptures, dessins, peintures, etc.).
Il privilégie aujourd'hui la photographie et expose régulièrement des oeuvres inspirées de la nature. Originaire de Maré, il vit à la tribu d'Azareu près de Bourail, où il siège au conseil des clans. Il endosse plusieurs casquettes, animateur spécialisé pour les classes à projet artistique et culturel, membre du Groupement de Droit Particulier Local "Mwe Ara", conseiller environnemental et culturel sur le domaine de Déva, l'artiste est particulièrement impliqué dans le travail mené par le comité de Gestion de la Zone Côtière Ouest. C'est tout naturellement que son engagement vis-à-vis de l'environnement se reflète dans son art, qui sert de support de sensibilisation à la protection des espaces naturels.